Histoires et Aventures Gastronomièsques

Histoires et Aventures Gastronomièsques

Nous viendrons régulièrement ici vous offrir nos Histoires et Aventures Gastronomièsques.

Vous êtes, bien sûr, conviés à contribuer au succès de cette rubrique en nous soumettant pour approbation vos textes Gastronomièsques via notre mail :

gastronomia.france@orange.fr

Après validation par le comité de lecture intransigeant de Gastronomia, vos textes seront publiés sur ce site et relayés sur notre page Facebook.

 Règles du jeu et définition du terme Gastronomièsque : Adjectif qualificatif caractérisant,entre autres, une Histoire ou une Aventure Gastronomique, positive ou négative, rédigée avec Verve, Faconde et Humour. Cette Histoire ou cette Aventure pouvant revêtir des aspects grivois voire grossiers mais JAMAIS vulgaires. Un vocabulaire riche et imagé est le bienvenu mais ne sont tolérées ni fautes de syntaxe ni fautes d'orthographe (le minimum est acceptable). En cas de doute sur l'orthographe, consulter notre ami ci-dessous:

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Sont proscrites toutes références à des marques , établissements etc..., il convient donc d'être subtil pour désigner certains sans les nommer et qu'ils soient reconnus par le plus grand nombre (nous n'avons pas les moyens de financer un procès en diffamation)... Sont également proscrits les copier/coller d'autres blogs, sites ou articles diffusés sur les réseaux sociaux (exception faite pour les blagounettes tombées dans le domaine publique et qui nous font toujours rire).

Sur ce, amusez-vous autant que nous nous faisons plaisir... Bonne lecture et bonne contribution....

Bonne Nouvelle ou Métaphore Oeno-Religieuse 13/10/13

Dimanche 15h

S’il est des matins qui chantent, il est aussi des soirs qui déchantent.

Ce matin, des potron minet, je me rendis chez mon épicier (qui n’est pas forcément un type sympa, nous l’allons montrer tout à l’heure) et outre quelques friandises lécithinées, charcuterie érythorbatées et fromages aseptisés je fis l’acquisition d’un breuvage au nom évocateur de  « Bonne Nouvelle » rosé  qui allait bien au teint de cette journée et au miens subséquemment.

Nantis de mes emplettes, je caracolais guilleret et fière de mes trouvailles, vers le doux foyer pour y partager joie et ripaille.

Bombance passée, vint l’instant postprandial ou l’on se concentre sur la composante du repas du soir. Question éternelle  posée au moment précis ou la panse est repue : « qu’est-ce qu’on mange ce soir ? ». Si le contenu alimentaire m’échappait encore, j’avais réponse toute faite pour le complément bachique : hardiment j’exhibais ma « Bonne nouvelle » sous l’œil goguenard de ma compagne qui me lança un « t’avais déjà bu quand tu as acheté ça » acerbe.

Mine déconfite, je regardai le flacon et découvris sur l’étiquette ce qui n’était pas lisible le matin-même dans la pénombre de l’échoppe : SANS ALCOOL.

Diantre, fichtre, palsambleu, bouducon comme on dit ici et autres injures plus tard je me mis à honnir le cambusier du matin qui, faute de connaitre mes gouts, aurait pu déceler à mon visage rubicond que l’adage « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » n’était pas de mise en la demeure

Hésitant, tel l’âne de Buridan, entre garder ma superbe et bouter hors logis le blasphème oenique ou aller jusqu’au bout de l’acte manqué pour découvrir plus avant la bizarrerie sus citée, je choisis in fine la seconde solution.

Chaussant lunettes et charentaises  je scrutais et détaillais les éléments d’informations disponibles au dos de la bouteille. Goût du partage oblige, je ne peux rester seul et égoïste et ne pas en livrer la teneur et les déductions auxquelles j’arrivais :

Boisson à base de vin rosé français rosé désalcoolisé : Ouf ! La base est vineuse et française, manquerait plus que l’on ait une origine douteuse d’assemblage de différents vins de la CEE.

Elaborée uniquement  avec des vins français (comique de répétition ?) sélectionnés par nos œnologues : Ouf ! Il y a eu sélection, Aïe ! Il y a des œnologues qui ont fait ça ???? Mais dites-moi, usurpation de titre et de fonction ça va chercher dans les combien en correctionnelle ?

 

Ingrédients (il en faut bien) : Vin rosé désalcoolisé (minimum 95%), glycérol, aromes, conservateur : anhydride sulfureux, édulcorant d’origine naturelle : rébaudioside A (extrait de stévia rébaudiana) : Les Laboratoires Pierre Fabre étant de la région et notre Sanofi toulousain ne se portant pas bien, peut être avaient ils conjugué leurs talents et sorti de leurs cornues un nouvel élixir ? Mais que nenni, non, non : l’auteur de cette alchimie est bien un négociant de Carcassonne.

J’en suis là (ou las) de mes constats et soudain un doute m’habite… dois-je revenir au premier choix de mes hésitations (bouter hors la vile bouteille) ou pousser la curiosité jusqu’à déboucher la fillette et en gouter la substance?

Conscient des risques encouru s tant au niveau de la perte d’amour propre et de considération de mes paires que de la dégradation de mes facultés gustatives et de mon bon sens, j’en appelle humblement à un avis extérieur avisé avant  de commettre l’irréparable…

 

Dimanche 18H

Qu’il est grand le mystère de mon foie…

Cuite et Faim ????

En cette journée dominicale, où certains vont s’adonner au recueillement religieux, je m’adonne à cette recherche existentielle et fondamentale : que vais-je faire de ma bouteille de « Bonne Nouvelle » ? (voir les épisodes précédents plus tôt dans la journée…)

Avant toute décision irrévocable aux conséquences encore incertaines, tel Agatha (Lacrima) Christie envoyant son Poirot (Poivrot ?) enquêter plutôt que dans la potée (Poireau /Potée le raccourci et le bon mot sont faciles),  je m’envoyais faire une recherche sur la grande toile cirée du web.

Je finis par trouver ma bonne nouvelle en point COM, le point FR étant réservé à une association de diocèses…la bonne nouvelle relève du sacré, du sang du Christ  mais ma bonne nouvelle à moi ce n’est pas le sang du Christ, elle serait plus proche de la septicémie que de la crise de Foi.

Je reviens à mon point COM… le négociant est de Carcassonne (je l’ai déjà dit) et en lisant sa page aussitôt m’exclamai-je, tel Jules César débarquant en Septimanie et paraphrasant Mac Mahon avant l’heure, « Tantum vini ! Tantum vini ! », Que de vin ! Que de vin ! Pour ceux qui auraient perdu leur latin.

Une bonne Nouvelle n’arrivant jamais seule, il décline à tour de barrique Blanc, Rouge, Rosé et j’en passe… Récidiviste dans l’âme il renouvelle ses gammes depuis 1988 !!!

Et en plus, il sévit en Septimanie pour distiller (litote) sa septicémie…Si Les destinées d'un peuple dépendent et de sa nourriture et de son régime avec lui c’est déjà le crépuscule des gueux…

Bref, j’en suis toujours à me demander ce que je vais faire de cette foutue bouteille.

 

Christian Millet 13/10/2013